Indonésie – l’île de Siberut chez les hommes fleurs – retour en image

Trekking en Indonésie

A Bukittinggi nous avons rencontré Rickie, guide réputé pour organiser du trekking sur Sibérut. Très peu touristique, l’île abrite l’une des dernières tribus primitives au monde. Il s’agit des Mentawais, connus également sous le nom des Hommes Fleurs. On les appelle ainsi car pour eux la beauté est essentielle. Ils s’embellissent le corps en se tatouant de la tête aux pieds et se couvrent de fleurs lors de cérémonies.

Dans les années 70, le gouvernement a voulu civiliser cette tribu en créant des villages avec écoles et petits commerces. La plupart des Mentawais ont du quitter la jungle et changer radicalement de mode de vie. Aujourd’hui certains refusent toujours de vivre dans les villages du gouvernement et perpétuent les traditions de leurs ancêtres. Nous sommes partis les rencontrer…

Embarquement dans un ferry à Padang en fin d’après midi Rickie notre guide nous trouve deux petits emplacements avec matelas pour passer la nuit. Le départ est prévu pour 18h… mais à 22h nous sommes toujours à quai. Enfin, le bateau donne le signal du départ… faux espoir, au bout de 30 minutes de navigation sur une mer agitée nous faisons demi-tour vers Padang. Le capitaine annonce que le bateau reprendra la mer vers 01h en attendant que les vagues se calment. Nous ne partirons finalement qu’à 04h30 du matin. Ah ces Indonésiens…

12 heures de trajet plus tard nous posons finalement les pieds sur l’ile de Sibérut. Rickie se charge des dernières courses nécessaires pour notre semaine de trek: riz, patates, œufs, fruits… tout y est. Chargés comme des mulets que nous embarquons dans une petite pirogue afin de remonter la rivière et de s’enfoncer dans la jungle où se trouve notre première famille.

Il nous aura fallu 3h30 pour rejoindre l’Uma (maison traditionnelle) où Kaman , notre hôte, nous accueille avec quelques mots d’anglais. On est tout de suite mis dans le bain: Monsieur est tatoué entièrement et porte pour unique vêtement un slip de la jungle version « Un Indien Dans La Ville ».

La maison est aussi surprenante que l’est son propriétaire. Faite de bois et sur pilotis, elle ne comporte aucun meuble si ce n’est une immense table. Concernant la déco c’est cranes de cochons et de singes car selon les croyances de la tribu cela permettrait d’attirer le bon esprit et de chasser le mauvais. Du coté de la cuisine on ne trouve qu’un gros chaudron chauffé au feu de bois. Et le clou du spectacle…la porcherie en dessous de la chambre. Bien sur pas de toilettes, les Mentawais aiment l’air vivifiant de la jungle.

Le lendemain, nous partons rencontrer la famille de Karam Au programme, fabrication du vêtement traditionnel des Hommes fleurs. Pour les intéressés, on vous fera un petit défilé lors de notre retour en France.

C’est parti pour 4h de trek dans la jungle afin de rejoindre notre deuxième famille. C’est bien fatigués, de la boue plein les jambes et quelques sangsues que nous découvrons le visage de la communauté qui nous accueillera durant les 3 prochains jours. Premiers moments d’échanges et de complicité avec les enfants. La barrière de la langue et l’importante différence culturelle ne sont pas faciles à franchir, mais les regards, gestes et jeux nous rapprochent rapidement. Contrairement aux adultes, ces derniers sont habillés comme nous car ils sont scolarisés dans les villages du gouvernement.

Durant ces quelques jours, nous avons eu l’occasion de partager le quotidien de plusieurs Medicine Men, des hommes de la jungle en culotte courte. Ils nous ont fait découvrir plusieurs de leurs activités dont le processus de transformation du sago (l’aliment de base des Mentawais issu d’un arbre), la pèche dans la rivière et la fabrication du poison utilisé sur leurs flèches pour chasser.

Rickie notre guide, en plus d’être un expert en jeux de cartes et massages, est également un super cuisto. Hélas un de ses repas a du mal passé…tourista quant tu nous prends. Pas de bol pour moi, le lendemain c’était journée trek de 4h pour rentrer a la maison d’Aman.

C’est avec un jour de retard, lié à de très fortes vagues, que nous prenons la mer direction Padang. Nous quittons Sibérut des images plein la tête et nous nous rendons compte de la chance que nous avons eu de pouvoir partager le quotidien de l’une des dernières tribus primitives du monde.

A bientôt… sur mon prochain trek

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